Séminaire les mesures de l’économie
Deux sources principales de données en économie (ainsi qu’en sciences sociales en général)
Distinction importante, car pour les données d’enquêtes, les principes de la statistique (échantillonage, calculs des marges d’erreurs, tests statistiques) doivent être respectés, ce qui n’est pas (forcément) le cas des données administratives.
Un taux de réponse faible (<60%) indique que l’enquête a manqué une partie importante de la population ==> données récoltées ne sont pas représentatives.
“Declining response rates to the LFS (labour force surveys) have made the numbers so volatile that it is impossible to be sure whether employment is rising or falling from one quarter to the next — let alone how the labour market has evolved in the years since the pandemic.” “How flawed data is leaving the UK in the dark”, Financial Times
Exemple: données fiscales (qui permettent les mesures de distribution du revenu), certaines données du marché du travail (ex: Seco et le nombre de chômeurs inscrits), données sur les finances publiques…
Les données administratives ne sont pas récoltées à travers un processus d’échantillonnage. Par exemple, cela ne fait pas sens de calculer les intervalles de confiance pour le PIB ou la dette publique.
Mais cela ne veut pas dire que les données administratives sont exhaustives
La comptabilité nationale permet de calculer le produit intérieur brut, défini comme la somme des valeurs ajoutées dans un territoire donné (souvent un pays) au cours d’une période donnée (souvent une année).
Le terme de comptabilité peut être trompeur, car la comptabilité nationale est très différente de la comptabilité en entreprise:
Les données provenant des comptes nationaux sont des approximations
Ces approximations sont possibles grâce à des données récoltées de manière plus ou moins dissipée selon la qualité du système publique de statistique du pays considéré.
Il n’est en outre pas possible de mesurer statistiquement ces approximations (ex: intervalle de confiance de l’estimation du PIB), car la comptabilité nationale n’est pas le résultat d’une seule grande enquête.
Au contraire, les comptes nationaux sont le résultat de compilation complexe de données provenant d’un grand nombre de sources différentes.
PIB = Somme des valeurs ajoutées sur un territoire donné sur une période donnée (le plus souvent dans un pays sur un an)
La valeur ajoutée étant la valeur monétaire (aux prix de marché) des biens et services, à laquelle on soustrait la valeur monétaire de la consommation intermédiaire
\[PIB = \sum outputs - \sum consommations \ intermédiaires\]
Pour être précis, il faut mentionner l’ajout des taxes moins les subventions sur les produits et services
\(PIB = \sum valeurs \ ajoutées\), mais de qui ?
Les “acteurs” de la comptabilité nationale sont les “secteurs institutionnels” qui incluent:
\[PIB = \sum valeurs\ ajoutées - \sum consommations \ intermédiaires + taxes - subventions \ sur \ les \ produits\]
\[PIB = C + I + G + X - M\]
Avec \(C\) la consommation, \(I\) l’investissement, \(G\) la dépense publique et \(X-M\) la balance commerciale.
La comptabilité nationale définit \(C\), la consommation, comme les dépenses de consommation finale privée des ménages et des ISBLSM. Cela inclut par exemple les dépenses pour la nourriture, le loyer, l’énergie…
Important
La consommation finale privée des ménages n’inclut pas toutes les dépenses. Par exemple, l’achat d’une résidence est considéré par les comptes nationaux comme un investissement (donc est compté dans \(I\)).
Sur quelles données sont fondées les estimations de \(C\) ? Sur les enquêtes sur le budget des ménages.
En Suisse, l’OFS mène sa propre enquête sur le budget des ménage chaque année depuis 2000. - Enquête statistique auprès d’un échantillon d’environ 3000 personnes.
L’enquête sur le budget des ménages permet aussi de définir le panier de bien type utilisé pour le calcul de l’indice des prix à la consommation (IPC), un indicateur important du niveau des prix et de l’inflation.